Procès Zogo : les zones d’ombre numériques autour d’Amougou Belinga
Le téléphone n’a pas été retrouvé, 82 % des données numériques n’ont pas été exploitées, et les experts concluent qu’il n’y a aucun lien établi avec l’assassinat de Martinez Zogo. Au procès Zogo qui se tient à Yaoundé, les expertises numériques concernant Jean-Pierre Amougou Belinga alimentent un...
237onlinePar Alain-Claude Ndomvendredi 26 juin 2026 à 23:16

Le téléphone n’a pas été retrouvé, 82 % des données numériques n’ont pas été exploitées, et les experts concluent qu’il n’y a aucun lien établi avec l’assassinat de Martinez Zogo. Au procès Zogo qui se tient à Yaoundé, les expertises numériques concernant Jean-Pierre Amougou Belinga alimentent une controverse de plus en plus ouverte entre la partie civile, le commissaire du gouvernement et les avocats de la défense. Des données manquantes, un téléphone introuvable Tout remonte au début juin, lors du premier passage à la barre de l’expert Georges Bell Bitjoka. Ce dernier a indiqué que seuls 18 % des appareils attribués à Amougou Belinga avaient effectivement été exploités. Le téléphone utilisé dans certains échanges avec le lieutenant-colonel Justin Danwe, cerveau présumé de l’enlèvement, n’a tout simplement pas été retrouvé. Les données analysées provenaient donc de l’appareil de Danwe. Elles ont permis de lister 26 appels audio, un appel vidéo, et des messages systématiquement effacés entre les deux hommes. Bell Bitjoka a précisé que ces échanges portaient sur l’espionnage de certaines activités du ministre des Finances, et non sur une opération visant Martinez Zogo. C’est là que l’affaire prend un tournant inattendu. Plutôt que d’approfondir les investigations sur Amougou Belinga, le commissaire du gouvernement Cerlin Belinga a orienté ses recherches vers Modeste Mopa Fatoing, ancien directeur des Impôts, jamais cité jusqu’alors dans cette affaire, mais avec lequel Danwe échangeait aussi des messages ensuite supprimés. Une avocate attaquée, des requêtes rejetées Me Félicité Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo, a publiquement contesté cette orientation. Elle a insisté sur le fait que 82 % de l’environnement numérique d’Amougou Belinga restait inexploré. Réponse du camp adverse : le quotidien L’Anecdote, propriété du magnat des médias, a titré « Aigreur, déchéance, infamie » au lendemain d’une audience. La chaîne Vision 4 a emboîté le pas, qualifiant l’avocate de « veuve noire ». Le Conseil de l’ordre des avocats a saisi le Conseil national de la communication pour dénoncer une « rare agressivité verbale ». Lors des audiences des 22 et 23 juin, le second expert Jean Pierre Oloumou a lui aussi conclu à l’absence de lien établi entre Amougou Belinga et l’assassinat. La partie civile et les avocats de la DGRE ont demandé une expertise complémentaire et l’invalidation du témoignage. Les deux requêtes ont été rejetées. Difficile de ne pas y voir une procédure qui avance à deux vitesses selon les accusés. Cerlin Belinga a rappelé que la présomption d’innocence s’applique à tous, et qu’il cherche la vérité à charge comme à décharge. Rien ne confirme à ce stade que les zones d’ombre restantes auraient changé le fond du dossier. La prochaine audience est fixée aux 13 et 14 juillet. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 27 juin