Publicité des produits de santé : le ministre de la Communication hausse le ton
Un « ultime avertissement », c’est le terme choisi par le ministre de la Communication. La publicité pour les produits de santé continue de passer sur les antennes camerounaises, malgré la loi. Dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, René Emmanuel Sadi s’adresse directement aux responsables d...
237onlinePar Alain-Claude Ndomjeudi 5 novembre 2026 à 06:28

Un « ultime avertissement », c’est le terme choisi par le ministre de la Communication. La publicité pour les produits de santé continue de passer sur les antennes camerounaises, malgré la loi. Dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, René Emmanuel Sadi s’adresse directement aux responsables des médias audiovisuels. La publicité pour les médicaments, les structures sanitaires et les pratiques médicales doit cesser immédiatement. Ce que dit le communiqué Le texte est signé à Yaoundé. Le ministre constate « la persistance de la diffusion de publicités » en faveur des médicaments, des structures sanitaires et des pratiques médicales sur les antennes de certains médias. Ces pratiques violent, selon lui, les articles 42 et 43 de la loi n°2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité au Cameroun. Vingt ans presque jour pour jour que ce texte existe. Le ministre rappelle les sanctions prévues par l’article 61 de cette loi, qui renvoie à l’article 228 du Code pénal. Ce dernier punit d’un emprisonnement de trois mois à trois ans et d’une amende de 5 000 à 500 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement, celui qui « par une imprudence grave, risque de mettre autrui en danger ». Les médias concernés sont invités à mettre « immédiatement un terme » à ces diffusions. Le communiqué précise qu’il s’agit d’une « ultime mise en garde » avant l’application des mécanismes de sanction. Aucun média n’est nommé. On ne sait pas encore lesquels sont visés, ni combien. Un avertissement de plus ? Franchement, le lecteur camerounais a l’habitude. Les publicités pour des « remèdes miracle », des tisanes censées tout guérir et des cabinets aux promesses de guérison s’enchaînent sur les radios et télévisions, de Douala à Yaoundé. Les rappels à l’ordre aussi. La nouveauté, c’est le vocabulaire. « Dernier avertissement », « ultime mise en garde » : le ministre ferme la porte aux nouveaux sursis. Reste à voir si les sanctions suivront. Le risque sanitaire, lui, est réel. Une publicité qui vante un traitement sans validation médicale peut pousser un malade à retarder une consultation, ou à prendre un produit dangereux. C’est ce que vise l’article 228 du Code pénal, qui parle de mise en danger d’autrui. Mais la question se pose ailleurs : qui contrôle ? Le communiqué évoque « les mécanismes de sanction prévus par la réglementation en vigueur », sans dire quelle instance les actionnera ni selon quel calendrier. Les promoteurs, eux, sont aussi visés : le ministre dit compter sur leur « sens de responsabilité ». Un détail pèse lourd pour les médias. Pour beaucoup de radios locales et de chaînes privées, la publicité de santé représente une source de revenus non négligeable. Une interdiction stricte a un coût. Aucun chiffre n’est donné ici, on reste dans l’estimation. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour Il y a 1h