Qnet au Cameroun : un réseau de traite humaine démantelé, 6 000 victimes
Qnet, Ignite, Unimec. Derrière ces noms de plateformes de marketing en ligne se cachait un vaste réseau de traite des êtres humains actif dans plusieurs villes du Cameroun. La gendarmerie nationale a interpellé plusieurs suspects les 16 et 25 mai 2026, dont six coordinateurs. Le bilan est lourd :...
237onlinePar Alain-Claude Ndommardi 23 juin 2026 à 05:281 vues

Qnet, Ignite, Unimec. Derrière ces noms de plateformes de marketing en ligne se cachait un vaste réseau de traite des êtres humains actif dans plusieurs villes du Cameroun. La gendarmerie nationale a interpellé plusieurs suspects les 16 et 25 mai 2026, dont six coordinateurs. Le bilan est lourd : 6 000 victimes identifiées, des jeunes majoritairement, piégés par de fausses promesses d’emploi ou de formation à l’étranger. Qnet et ses complices : comment le piège se refermait Les premières arrestations ont eu lieu à Yaoundé, quartier Ngal-Bijdé, où une cellule de 12 personnes a été neutralisée. D’autres opérations ont suivi à Garoua, puis dans plusieurs localités à travers le pays. 80 membres affiliés identifiés. C’est le chiffre communiqué par le colonel Fiacre Atangana, directeur central adjoint de la Coordination de l’Emploi et des Structures à la gendarmerie nationale. Le réseau était structuré, hiérarchisé, avec des leaders, des formateurs et des recruteurs intermédiaires agissant en coordination. Les victimes ? Des jeunes sans emploi, des étudiants, des diplômés en situation précaire, des candidats à l’émigration. Attirées par de fausses offres, elles se retrouvaient regroupées dans des concessions transformées en dortoirs collectifs, sous pression psychologique constante, selon les mots du colonel Atangana. Certaines ont été transférées de Garoua vers le Nigeria. D’autres, ressortissants étrangers, notamment tchadiens, étaient intégrés dans les réseaux locaux. Le réseau couvrait Douala, Bafoussam, Ebolowa, Kyé-Ossi, Bertoua, Ngaoundéré, Maroua, Garoua et plusieurs quartiers de Yaoundé, dont Tam-Tam, Mvan, Awae et Nkozoa. Ses commanditaires opèrent depuis la Malaisie, avec des ramifications actives en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest. Qnet n’est pas nouveau. C’est là le vrai problème. Ce réseau sévit depuis des années sur le continent africain, toujours sous couvert de marketing de réseau, toujours en ciblant les mêmes profils : jeunes précaires, familles modestes, personnes désespérées de partir. Qnet en particulier est connu. Signalé. Dénoncé dans une vingtaine de pays africains. Et pourtant, il continuait d’opérer au Cameroun avec une organisation rodée, des bases logistiques identifiées, des maisons d’hébergement, une chaîne de recrutement fonctionnelle. Les services de police judiciaire avaient reçu de nombreuses plaintes pour escroquerie en ligne et enlèvements de proches. Les alertes existaient. Les recherches se poursuivent pour localiser deux principaux suspects, réfugiés au Congo et en République centrafricaine. C’est un signal que personne ne peut ignorer : laisser ces plateformes opérer librement, c’est offrir du terrain à des réseaux criminels transnationaux. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 23 juin