Qui est vraiment Paul Nchoji Nkwi, l’ancien du SDF devenu président par intérim du Conseil constitutionnel ?
Le décès de Clément Atangana, survenu le 4 octobre 2026 à l’hôpital américain de Paris, ouvre une nouvelle séquence au sommet du Conseil constitutionnel. Avec la disparition du tout premier président de cette institution devenue opérationnelle en 2018, les dispositions légales prévoient une conti...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmardi 6 octobre 2026 à 13:521 vues

Le décès de Clément Atangana, survenu le 4 octobre 2026 à l’hôpital américain de Paris, ouvre une nouvelle séquence au sommet du Conseil constitutionnel. Avec la disparition du tout premier président de cette institution devenue opérationnelle en 2018, les dispositions légales prévoient une continuité immédiate de son fonctionnement. En attendant la nomination d’un nouveau président par Paul Biya, c’est le Pr Paul Nchoji Nkwi, doyen d’âge des membres du Conseil constitutionnel, qui assure la présidence par intérim. Cette transition est prévue par les lois de 2004 relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’institution. Un anthropologue de réputation internationale Né en 1940, Paul Nchoji Nkwi est loin d’être un inconnu dans les milieux universitaires. Anthropologue de formation, il a bâti l’essentiel de sa carrière autour de l’enseignement et de la recherche. Après des études en anthropologie et en sciences de l’éducation à l’Université de Fribourg, en Suisse, il enseigne à l’Université de Yaoundé I, à l’Université catholique d’Afrique centrale ainsi qu’au Grand Séminaire Saint-Thomas d’Aquin de Bambui, dans le Nord-Ouest. Son parcours l’amène également à intervenir comme professeur invité à la Harvard Medical School, à l’Université de Caroline du Sud, à l’Université de Francfort et à l’Université de Leyde. Ses travaux portent principalement sur les mutations sociales, les cultures africaines et leur évolution face aux transformations contemporaines. Il s’est également illustré dans la recherche sur les interactions entre le VIH/Sida et les réalités socioculturelles, à travers un programme mené dans cinq pays africains : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Malawi et le Togo. Au-delà de sa carrière d’enseignant, Paul Nchoji Nkwi a occupé plusieurs responsabilités académiques de premier plan. Il a notamment exercé pendant une douzaine d’années comme administrateur de la recherche à l’ancien ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il est aussi président fondateur de l’Association panafricaine d’anthropologie, ancien vice-président de l’Académie africaine des sciences et secrétaire exécutif fondateur de l’Académie des sciences du Cameroun, autant de fonctions qui ont contribué à sa reconnaissance dans les milieux scientifiques africains. Un ancien cadre du SDF pour insuffler un vent nouveau au conseil des sages Le nouveau président par intérim possède également un parcours politique. Il fut conseiller et membre du Social Democratic Front (SDF), principale formation de l’opposition camerounaise pendant plusieurs décennies et aujourd’hui dirigée par Joshua Osih. En février 2018, Paul Biya l’avait nommé parmi les onze premiers membres du Conseil constitutionnel, aux côtés de Clément Atangana et d’autres personnalités appelées à mettre en place cette juridiction chargée notamment du contrôle de constitutionnalité des lois et du contentieux électoral. L’intérim assuré par Paul Nchoji Nkwi ne préjuge pas de la nomination du futur président du Conseil constitutionnel. La Constitution et les textes organiques confèrent au président de la République le pouvoir de désigner le titulaire de cette fonction. À 86 ans, l’universitaire dirige donc provisoirement l’une des institutions les plus stratégiques de l’État, dans l’attente du décret présidentiel qui dira si Paul Biya choisit de confirmer le doyen d’âge à la tête du Conseil constitutionnel ou de confier cette responsabilité à une autre personnalité.
Mis à jour 6 oct.