RDC : la camerounaise Rosine Flore Mboule, au cœur des actions humanitaires de la Monusco
Dans un établissement où plus de 2 200 détenus vivent pour une capacité de 500 places, la sécurité pénitentiaire ne peut être dissociée de la […]
ActuCamerounPar Actu Camerounmercredi 26 août 2026 à 20:291 vues

ÊTRE AU PLUS PRÈS DES RÉALITÉS DU TERRAIN Son travail consiste notamment à planifier et coordonner les activités de l’équipe au niveau provincial, effectuer des visites régulières à la Prison centrale de Bunia, identifier les difficultés et travailler avec les autorités compétentes à la recherche de solutions. L’accompagnement ne se limite pas à l’administration pénitentiaire. Il comprend également des formations destinées au personnel, des séances de sensibilisation auprès des personnes détenues ainsi qu’un appui technique dans plusieurs domaines : sécurité pénitentiaire, gestion des détenus, prévention des violences, hygiène et assainissement. Cette présence sur le terrain permet également d’assurer le suivi des projets mis en œuvre avec différents partenaires. Mais au-delà des activités techniques, Rosine Flore MBOULE insiste sur une dimension essentielle de son métier : le dialogue. « Une part importante de notre travail repose sur le dialogue, la coordination et la recherche de solutions concrètes répondant aux réalités du terrain », souligne-t-elle. Une approche qui prend tout son sens dans un contexte où la prison fait face à des défis considérables. LA SURPOPULATION, UN RISQUE POUR LA SÉCURITÉ ET LA SANTÉ La Prison centrale de Bunia accueille actuellement plus de 2 200 détenus pour une capacité théorique de 500 places. Cette situation de surpopulation constitue un défi majeur pour l’administration pénitentiaire. Elle complique la gestion quotidienne de l’établissement, mais augmente également la vulnérabilité face aux épidémies. Promiscuité, infrastructures sanitaires insuffisantes et difficulté à appliquer certaines mesures de prévention peuvent favoriser la propagation rapide d’une maladie contagieuse. Dans le contexte de l’épidémie d’Ebola en Ituri, ces contraintes ont pris une dimension particulièrement préoccupante. Pour Rosine Flore MBOULE, la prévention passe d’abord par la sensibilisation et l’application rigoureuse des mesures d’hygiène. Le dépistage précoce, notamment par la prise systématique de la température, la prévention et le contrôle des infections (PCI), ainsi que la disponibilité des équipements de protection individuelle sont également essentiels. LA RÉPONSE EXIGE SURTOUT UNE MOBILISATION COLLECTIVE L’équipe de terrain de l’UAAP à Bunia travaille ainsi avec les autorités pénitentiaires, les autorités sanitaires et plusieurs partenaires techniques, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Zone de santé de Bunia. Des formations sur la prévention et le contrôle des infections ont notamment été organisées au bénéfice d’une quinzaine de membres du personnel pénitentiaire et d’une cinquantaine de détenus. Des campagnes de sensibilisation et des actions de plaidoyer ont également été menées afin de faciliter l’accès aux équipements de protection individuelle et au matériel d’hygiène. Un centre de transit destiné à la prise en charge des cas suspects d’Ebola a par ailleurs été mis en place au sein de la Prison centrale de Bunia avec l’appui de l’OMS. QUAND l’urgence SANITAIRE DEVIENT AUSSI UN ENJEU SÉCURITAIRE L’un des épisodes qui a le plus marqué Rosine Flore MBOULE est précisément lié aux premiers cas suspects d’Ebola signalés dans la prison. Cinq détenus avaient été identifiés comme suspects. Dans un établissement déjà confronté à une forte surpopulation, l’annonce a immédiatement suscité des inquiétudes. Le risque n’était pas uniquement médical. Une épidémie dans un milieu carcéral peut également provoquer des tensions, alimenter les rumeurs et fragiliser l’équilibre sécuritaire de l’établissement. Dans cette situation, l’UAAP-Bunia a joué un rôle de facilitation et de coordination entre l’administration pénitentiaire, les autorités sanitaires et les acteurs engagés dans la riposte contre Ebola. L’alerte rapide des acteurs compétents a permis l’évaluation des cas suspects, leur transfert vers les structures appropriées et la mise en œuvre des mesures de prévention nécessaires au sein de la prison. Cette expérience a surtout montré qu’une crise sanitaire en milieu carcéral ne peut être traitée sous le seul angle médical.
Mis à jour 26 août