Russie-Ukraine : un jeune Camerounais de 26 ans porté disparu après son enrôlement présumé dans l’armée russe
À Douala, une famille cherche désespérément des réponses concernant son fils et frère, Kongnyuy Bright Solie, un Camerounais diplômé universitaire âgé de 26 ans. Il aurait été enrôlé de force dans l’armée russe après s’être rendu en Russie, attiré par la promesse d’un emploi. Selon un membre de l...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmercredi 4 novembre 2026 à 06:20

À Douala, une famille cherche désespérément des réponses concernant son fils et frère, Kongnyuy Bright Solie, un Camerounais diplômé universitaire âgé de 26 ans. Il aurait été enrôlé de force dans l’armée russe après s’être rendu en Russie, attiré par la promesse d’un emploi. Selon un membre de la famille, aucune nouvelle n’a été reçue de lui depuis le 22 décembre 2025. D’après ce proche, le jeune homme a été recruté par l’intermédiaire d’un agent qui lui avait proposé un poste au sein d’une entreprise en Russie, peu après l’obtention de son diplôme. À son arrivée en Russie, Kongnyuy aurait été retenu sans papiers, avant d’être contraint d’intégrer l’armée. Après son enrôlement, il est resté trois mois sans donner de nouvelles à sa famille. Lorsqu’il a finalement réussi à appeler chez lui, il a indiqué avoir été blessé et hospitalisé. Le 22 décembre 2025, jour prévu pour sa sortie de l’hôpital, il a passé un dernier appel pour annoncer qu’il était emmené vers une destination inconnue, à bord d’un véhicule militaire aux vitres teintées. Depuis, aucun membre de sa famille n’a eu de ses nouvelles. Les autorités russes n’ont fourni aucune information sur sa localisation. Ce cas illustre la situation critique de dizaines de familles camerounaises sans nouvelles de leurs proches enrôlés dans l’armée russe. Le mercredi 28 octobre, des familles de personnes tuées ou portées disparues ont manifesté devant l’ambassade de Russie à Yaoundé, sous le slogan « Ramenez nos fils et nos frères », exigeant des explications de la part des autorités russes ainsi que le rapatriement des dépouilles. En avril, une note diplomatique camerounaise, ayant fait l’objet d’une fuite, a confirmé que le ministère des Relations extérieures avait recensé au moins 16 Camerounais décédés alors qu’ils combattaient pour la Russie en Ukraine. Toutefois, des observateurs indépendants avancent un bilan bien plus lourd. Un rapport de « All Eyes on Wagner » — un collectif qui enquête sur les activités de mercenaires — fait état d’au moins 94 décès de Camerounais entre 2023 et 2025. Selon ce rapport, 335 Camerounais figureraient parmi les plus de 1 400 Africains recrutés par Moscou. Les services de renseignement ukrainiens ont également rapporté qu’au moins 106 Camerounais ont trouvé la mort en combattant dans les rangs russes depuis le début du conflit. Le mode opératoire de ce recrutement est resté constant. Des familles ayant manifesté à Yaoundé ont affirmé que de jeunes hommes sont attirés par des promesses d’emplois bien rémunérés, de visas d’études ou de régularisation administrative, pour finalement se retrouver en première ligne en Ukraine. Les autorités russes ont démenti avoir recruté illégalement des citoyens africains.
Mis à jour Il y a 1h