Salaires enseignants-chercheurs : le Cameroun dernier sur huit pays
500 000 FCFA, c’est le salaire d’un professeur titulaire camerounais. Au Sénégal, le même grade touche 2 000 000 FCFA par mois. Une comparaison entre huit pays d’Afrique de l’Ouest et centrale place le Cameroun en dernière position sur les quatre grades universitaires, du simple assistant au prof...
237onlinePar Alain-Claude Ndommardi 25 août 2026 à 09:45

500 000 FCFA, c’est le salaire d’un professeur titulaire camerounais. Au Sénégal, le même grade touche 2 000 000 FCFA par mois. Une comparaison entre huit pays d’Afrique de l’Ouest et centrale place le Cameroun en dernière position sur les quatre grades universitaires, du simple assistant au professeur titulaire. Le chiffre fait mal, surtout quand on sait que ces enseignants forment les futurs cadres du pays. Un écart qui se creuse à chaque échelon Chez les assistants, le Camerounais perçoit 315 000 FCFA, contre 1 050 000 FCFA au Sénégal. Soit plus de trois fois moins. L’écart persiste au grade de maître-assistant : 370 000 FCFA au Cameroun, contre 1 300 000 FCFA au Sénégal, 1 071 485 FCFA au Togo et même 540 596 FCFA au Mali, pourtant classé avant-dernier sur ce tableau. Pour les maîtres de conférences, le Cameroun plafonne à 440 000 FCFA. Le Niger, souvent cité comme pays en difficulté économique, verse 843 000 FCFA à ce même grade. Presque le double. Et au sommet de la hiérarchie universitaire, chez les professeurs titulaires, le fossé devient difficile à justifier. 500 000 FCFA au Cameroun contre 785 864 FCFA au Mali, 909 069 FCFA au Niger, 1 319 550 FCFA au Burkina Faso. Le Sénégal, en tête du classement, verse quatre fois plus qu’à Yaoundé pour un professeur au sommet de sa carrière. Une fuite des cerveaux presque logique Difficile de ne pas y voir un signal inquiétant pour l’avenir de l’enseignement supérieur camerounais. Comment retenir des chercheurs formés à prix d’or, parfois à l’étranger, quand le salaire proposé reste inférieur à celui du Mali, un pays confronté à une insécurité chronique et à des difficultés budgétaires connues de tous ? Le Cameroun se targue pourtant d’être un pôle universitaire régional, avec des établissements comme l’Université de Yaoundé I ou l’Université de Douala qui accueillent des étudiants venus de toute la sous-région. Mais un pôle régional qui paie ses enseignants moins bien que ses voisins, ça pose question. Franchement, cette situation explique en partie pourquoi tant de docteurs camerounais choisissent d’enseigner ailleurs, au Canada, en France ou même dans des universités ouest-africaines mieux loties. On ne sait pas encore si une revalorisation est à l’étude du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, mais le tableau parle de lui-même. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 25 août