Selon Vincent Sosthène Fouda, Gérard Ondo Ndong a été un grand serviteur de l’Etat
Dans un texte hommage, l’universitaire salue la mémoire de l’ancien DG du Feicom mort ce samedi 15 août 2026. Lire ici sa sortie : […]
ActuCamerounPar Armand Djaleudimanche 16 août 2026 à 06:33

S.M. Emmanuel Gérard Ondo Ndong : le serviteur de l’État retourne à la terre de ses ancêtres Ekang bëse biso elang elang ééé! Ééé éee! Ekang bëse biso elang elang ééé! Beti benanga m’asug Ekang éée! Eée éée ééé ééé Melo’o me baa, Ekang bolo’o Madzo nna Ekang bolo’o Mëne Ekang mbolo Esagom Ebi bësse bitoa ba bine Ekang Yaaaaaaaaaa! « Betara benga be bekoko bebot ! m’along man tara, Ndzoé bot, Adzap Ekang ya Assandjicki, nom ngoan meyon mëse, Adzap Ekang!» En général, quand on prend la parole dans de pareilles circonstances c’est pour encenser la mémoire de celui qui au bout de son parcours physique gît reposé, sans souffle ni voix dans sa bière. Je vais m’y atteler sans coup férir. S.M. Emmanuel Gérard Ondo Ndong vient de s’éteindre, à Assandjick, par Ambam, sur cette terre natale qui l’avait vu naître et à laquelle il revient aujourd’hui. Il y a, dans cette circonstance, quelque chose de profondément ekang : l’homme retourne à la terre, mais son nom demeure dans la communauté des vivants et des ancêtres. Serviteur de l’État, il fut aussi une autorité traditionnelle. Cette double vocation n’était pas chez lui une contradiction. Elle disait au contraire une certaine conception de l’État africain : l’État moderne ne devrait jamais être condamné à ignorer la profondeur historique des sociétés qui l’ont précédé. S.M. Emmanuel Gérard Ondo Ndong appartenait à cette génération d’hommes qui savaient que l’autorité ne se résume ni à un décret, ni à un uniforme, ni à une fonction. Elle se conquiert par la responsabilité, la parole tenue, le respect des autres et cette capacité rare à faire tenir ensemble la mémoire des ancêtres et les exigences de la République. Je l’ai expérimenté à plus d’une reprise quand il m’a été donné de visiter son village. Chez les Ekang, la tradition n’est pas un musée. Elle est une conversation permanente entre les morts, les vivants et ceux qui viendront après nous. C’est pourquoi la disparition d’un chef, d’un notable, prend une dimension qui dépasse l’individu.
Mis à jour 16 août