SIC : le bénéfice de 878,5 millions FCFA en 2025 ne dissipe pas les fragilités du bilan
La Société immobilière du Cameroun (SIC) a amélioré son résultat net en 2025, mais ses états financiers continuent de révéler un bilan fragile. Derrière un bénéfice porté à 878,5 millions FCFA, l’entreprise publique immobilière reste confrontée à des incertitudes sur plus de 10 milliards FCFA d’a...
investir au camerounPar equipeit@mediamania.pro (Investir au Cameroun Publication)lundi 6 juillet 2026 à 09:32

Business in Cameroon Actualités Secteurs Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Trombinoscope Docuthèque Magazines Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech SIC : le bénéfice de 878,5 millions FCFA en 2025 ne dissipe pas les fragilités du bilan Commentaires - lundi, 06 juillet 2026 09:32 email facebook instagram linkedin twitter (Investir au Cameroun) - La Société immobilière du Cameroun (SIC) a amélioré son résultat net en 2025, mais ses états financiers continuent de révéler un bilan fragile. Derrière un bénéfice porté à 878,5 millions FCFA, l’entreprise publique immobilière reste confrontée à des incertitudes sur plus de 10 milliards FCFA d’actifs fonciers, à une trésorerie en recul, à des créances clients en progression et à des faiblesses persistantes de contrôle interne. Selon les états financiers normalisés Syscohada de l’entreprise, le résultat net s’établit à 878,5 millions FCFA au 31 décembre 2025, contre 592,7 millions FCFA un an plus tôt, soit une progression d’environ 48 %. Le chiffre d’affaires atteint 5,02 milliards FCFA, contre 3,53 milliards FCFA en 2024, porté notamment par la location de biens immobiliers et la vente de logements. Le capital social demeure stable à 75 milliards FCFA. Cette progression du bénéfice masque toutefois une dégradation de plusieurs indicateurs d’exploitation et de liquidité. La valeur ajoutée recule de 3,96 milliards FCFA en 2024 à 3,35 milliards FCFA en 2025. L’excédent brut d’exploitation tombe, lui, de 1,46 milliard FCFA à 786,9 millions FCFA, soit une baisse de près de 46 %. Ce contraste est déterminant : alors que le résultat net progresse, le recul de l’EBE suggère que l’amélioration finale ne provient pas entièrement de la performance opérationnelle courante. La trésorerie nette se contracte également fortement, passant de 7,47 milliards FCFA au début de l’exercice à 2,58 milliards FCFA à fin décembre 2025, avec un flux opérationnel encore négatif de 465,7 millions FCFA. Plus de 10 milliards FCFA d’actifs fonciers encore mal documentés La principale zone de risque concerne la fiabilité des actifs fonciers inscrits au bilan. Les notes annexes signalent le maintien en comptabilité de terrains pour lesquels la SIC ne disposait pas encore de toute la documentation juridique au 31 décembre 2025, pour un montant d’environ 10,07 milliards FCFA. Le cas le plus significatif concerne le terrain de Douala II – Camp Yabassi, valorisé à 9,97 milliards FCFA et comptabilisé depuis 2010. Le document indique que la SIC a engagé des recherches pour identifier la localisation précise de ces parcelles, retrouver les actes d’attribution initiaux ou les titres perdus et, le cas échéant, solliciter une compensation de l’État en cas d’impossibilité de localisation ou d’irrégularité manifeste. La société précise également que plusieurs actions ont été menées depuis les années 1990 pour sécuriser son patrimoine foncier, notamment la création de comités fonciers et de groupes de travail dédiés. L’enjeu n’est pas seulement administratif. Il est aussi comptable. Dans une société immobilière, la qualité du patrimoine foncier conditionne directement la fiabilité des comptes, la capacité de valorisation des actifs et la crédibilité des projets futurs. Des terrains importants, inscrits à l’actif mais insuffisamment documentés ou juridiquement sécurisés, peuvent donc fragiliser la lisibilité du bilan. Créances clients : l’exposition financière continue de s’alourdir La SIC reste également exposée à un problème de recouvrement. Les créances clients brutes passent de 7,79 milliards FCFA en 2024 à 9,24 milliards FCFA en 2025, soit une hausse d’environ 19 %. Les notes annexes attribuent cette progression à l’augmentation des créances non recouvrées auprès de particuliers, mais aussi aux factures de ministères encore en instance de paiement auprès des paieries spécialisées. La répartition des créances montre le poids de l’État et des organismes publics dans l’exposition financière de la SIC. Les états financiers mentionnent notamment des créances liées au MINHDU, aux loyers du MINDEF et du MINDCAF, ainsi qu’à des institutions publiques. Le document précise que les créances douteuses et intégralement dépréciées atteignent 851,6 millions FCFA au 31 décembre 2025. Les états financiers font également apparaître des engagements hors bilan de 40,67 milliards FCFA, liés à des abandons de créances conditionnels donnés et reçus. Ces engagements ne correspondent pas nécessairement à une dette immédiatement exigible, mais ils rappellent le poids des opérations d’assainissement passées dans la lecture du bilan de la SIC. Ils renvoient notamment à des opérations décidées en 2015, après reclassement de créances clients jugées irrécouvrables et de dettes fournisseurs ou diverses créances non réclamées. Une société encore très dépendante de la relation financière avec l’État Les subventions demeurent un autre marqueur important de l’équilibre financier de la SIC. Les subventions d’investissement inscrites au passif passent de 33,69 milliards FCFA en 2024 à 30,71 milliards FCFA en 2025, soit une baisse de 2,98 milliards FCFA, liée à des reprises comptables de subventions antérieurement enregistrées. Les notes détaillent notamment une reprise de 2,41 milliards FCFA sur les terrains de l’État et de 477,4 millions FCFA sur le terrain du Mfoundi. Les autres produits restent également dépendants des compensations publiques. Les états financiers mentionnent une compensation entre l’État et la SIC de 3,38 milliards FCFA HT au titre de 2025, liée aux mesures gouvernementales de régulation des prix des logements et de réduction des loyers pratiqués par la société. Une partie de ce montant est déjà reconnue par avenant, tandis qu’une autre reste en instance de signature au ministère des Finances. La SIC reste ainsi prise dans une relation financière complexe avec l’État, qui intervient à la fois comme actionnaire, débiteur, régulateur des loyers et source de compensation budgétaire. Cette situation limite la lecture strictement commerciale de ses performances. Le résultat de l’entreprise ne dépend pas uniquement de son activité immobilière ; il reste aussi influencé par des mécanismes publics de compensation, par les reprises de subventions et par l’évolution de ses créances sur les administrations. Avances au personnel : le contrôle interne sous pression Les états financiers mettent aussi en évidence une forte progression des avances au personnel. Ce poste passe de 463,3 millions FCFA en 2024 à 1,33 milliard FCFA en 2025, soit une hausse de 187 %. Les notes précisent que ces montants concernent principalement des avances de fonds sur frais de mission, prestations diverses et achats effectués par le personnel, dont les justificatifs n’étaient pas encore produits au 31 décembre 2025. La société indique toutefois qu’une régularisation a été engagée en 2026, après des correspondances de réclamation des justificatifs. Selon les notes annexes, ces opérations auraient permis de réduire ce solde de 950 millions FCFA, pour le ramener à 378,5 millions FCFA. Cette précision atténue le risque, mais ne l’efface pas. L’ampleur du solde constaté à la clôture souligne un besoin de renforcement du suivi des avances, de la production des pièces justificatives et du contrôle interne. Un redressement encore à consolider La SIC termine donc 2025 avec un bénéfice en progression et un chiffre d’affaires en hausse. Mais ces indicateurs positifs ne suffisent pas à conclure à un redressement pleinement consolidé. La baisse de l’excédent brut d’exploitation, le repli de la trésorerie, la progression des créances clients, la persistance d’engagements hors bilan et les incertitudes sur certains actifs fonciers montrent que les comptes demeurent exposés à plusieurs zones de vulnérabilité. Le véritable enjeu dépasse désormais la seule amélioration du résultat net. Il porte sur la qualité du bilan, la sécurisation juridique du patrimoine foncier, l’assainissement durable des créances et le renforcement du contrôle interne. C’est à ces conditions que la SIC pourra transformer l’amélioration comptable observée en 2025 en redressement financier réellement soutenable. Amina Malloum SIC : le bénéfice de 878,5 millions FCFA en 2025 ne dissipe pas les fragilités du bilan Gaz naturel : la SNH prépare l’après-Hilli Episeyo avec Yoyo–Yolanda et cinq blocs en négociation Comptes nationaux 2025 : paradoxe d’une croissance à 3,5 % malgré le décrochage des exportations camerounaises Fiscalité internationale : le Cameroun identifie 64,5 milliards FCFA de recettes grâce à l’échange de renseignements Changements climatiques : le Centre Pasteur transfère sa plateforme de veille épidémique au ministère de la Santé Hôpital régional de Bamenda : l’État enclenche la reconstruction pendant que la solidarité finance déjà l’urgence Télévision payante : les abonnés de Canal+ au Cameroun privés des chaînes du groupe TF1 Golfe de Guinée : le Cameroun renforce le bouclier sécuritaire autour du port de Douala Classement U.S. News 2026-2027 : aucune université camerounaise ne parvient à émerger dans la hiérarchie mondiale Les plus lus 7 jours 1 mois Cemac : le FMI presse la BEAC de supprimer le financement des projets du secteur productif, la banque centrale résiste Investir au Cameroun est en deuil Sidérurgie : Prometal lance au Gabon une usine de 38 milliards de FCFA d’une capacité annuelle d’environ 170 000 tonnes Sonara : les nouveaux contours du projet de réhabilitation des infrastructures, finalement porté à 700 milliards de FCFA Aviation civile : le Cameroun rattrapé par le coût du statut international des aéroports de Garoua et de Maroua Investir au Cameroun est en deuil Patrimoine foncier : l’État recense 1 522 immeubles bâtis à Yaoundé et Douala, évalués à plus de 1 500 milliards FCFA Yaoundé : l’indien Ashoka Buildcon propose un montage clé en main pour la voie de contournement de 1 260 milliards FCFA Cacao : le kilogramme franchit enfin la barre de 2 000 FCFA à trois semaines de la fin de la campagne Cemac : le FMI presse la BEAC de supprimer le financement des projets du secteur productif, la banque centrale résiste Inscription à notre newsletter Chaque semaine l'actualité de l'économie et de l'investissement au Cameroun Economie Africaine Le Togo prépare un nouveau rebasage de son PIB, prévu d'ici à la fin de 2026 Éthiopie : les recettes du commerce extérieur atteignent un niveau record de 10,7 milliards $ Mubadala Energy change de direction et accélère sa stratégie gazière L'animation éthiopienne primée au MIFA d’Annecy, avec Sunday Morning Or : après la mine Boto, le marocain Managem prépare déjà sa croissance au Sénégal Boissons : UCB-Kadji vise 5 millions d’hectolitres par an pour bousculer la domination de la SABC Riz de Ndop : 4 milliards FCFA pour tenter de porter la production de l’UNVDA de 21 000 à 100 000 tonnes par an Financements AFD : le Cameroun concentre 623 milliards FCFA de projets, mais l’impact économique reste à mesurer Port de Douala : le BIR installe une base opérationnelle pour sécuriser le premier hub logistique du Cameroun Au Cameroun, la hausse de 60,7% des coûts d’importation du gasoil fait peser une chape de plomb sur l’économie nationale Inflation : l’évolution des prix des produits alimentaires menace la tendance baissière enregistrée au Cameroun Alios Finance Cameroun confirme son leadership sur le marché du Crédit-Bail Finance digitale : Wave affirme sa stratégie de long terme au Cameroun, premier marché mobile money de la Cemac Actualités Secteurs Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Trombinoscope Docuthèque Magazines Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Actualités Secteurs Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Trombinoscope Docuthèque Magazines Business in Cameroon
Mis à jour Il y a 11h