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Six semaines sans apparition publique : le silence autour de Paul Biya alimente les rumeurs

Six semaines d’absence de la scène publique, un rapport d’une clinique privée démenti par le gouvernement, et les déclarations de sa fille affirmant que « PB est en train de mourir » : le Cameroun est une fois de plus gouverné par un dirigeant invisible. Le Cameroun n’a pas revu son président dep...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuellundi 6 juillet 2026 à 13:10
Six semaines sans apparition publique : le silence autour de Paul Biya alimente les rumeurs
Six semaines d’absence de la scène publique, un rapport d’une clinique privée démenti par le gouvernement, et les déclarations de sa fille affirmant que « PB est en train de mourir » : le Cameroun est une fois de plus gouverné par un dirigeant invisible. Le Cameroun n’a pas revu son président depuis six semaines. Paul Biya, 93 ans, n’est pas apparu en public depuis les célébrations de la Fête nationale, le 20 mai à Yaoundé, et la seule information officielle concernant son lieu de séjour est qu’il se trouve en Suisse – destination de prédilection pour ses longs séjours inexpliqués qui ont ponctué plus de quatre décennies au pouvoir. Dans ce silence, sa propre fille est intervenue. Dans une vidéo publiée sur Facebook samedi, Brenda Biya – rappeuse et entrepreneuse depuis longtemps éloignée de la famille présidentielle – a affirmé que son père était mourant et a laissé entendre que la fin du régime était proche. Ce n’était pas la première fois : début mai, elle avait écrit « PB est en train de mourir, point final », sans fournir de diagnostic ni de source médicale. Ses affirmations portent le poids de son nom de famille, mais avec une mise en garde : Brenda a déjà fait des déclarations publiques fracassantes avant de se rétracter, notamment dans une vidéo de septembre 2025 où elle exhortait les Camerounais à ne pas voter pour son père, propos qu’elle a ensuite retirés avant de le complimenter. Cette dernière intervention survient au milieu d’un article que le gouvernement tente d’étouffer depuis des semaines. Le 16 juin, le magazine panafricain Jeune Afrique rapportait que Biya s’était effondré lors de la réception de la Fête nationale, le 20 mai, au Palais de l’Unité, qu’il avait été discrètement transporté à Genève le 7 juin et qu’il était soigné dans une clinique privée – officiellement installée à l’hôtel InterContinental – pour un problème de genou. Citant des sources au sein de la présidence, le magazine décrivait un état de santé suffisamment grave pour que les médecins aient recommandé une hospitalisation pendant des semaines. Le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a rejeté ces allégations le 18 juin, les qualifiant de « conjectures malveillantes et infondées » qui bafouent les principes fondamentaux du journalisme professionnel. Mais ce démenti restait superficiel. Sadi a confirmé que Biya se trouvait bien à Genève, admettant qu’il pourrait profiter de ce séjour pour des « consultations médicales de routine », et a insisté sur le fait qu’il continuait de diriger le pays depuis l’étranger. Cependant, il n’a fourni aucune preuve de sa vie, hormis cette simple assurance. Jeune Afrique n’a pas retiré son article. Gouverner à distance – encore une fois Rien de nouveau sous le soleil. Une enquête de 2018 estimait que Biya avait passé environ quatre ans et demi de sa présidence hors du pays, principalement en Suisse. Ses absences sont systématiquement qualifiées de « courts séjours » par les médias d’État, même lorsqu’elles durent des mois, et sa disparition en septembre 2024 a pris une telle ampleur que le gouvernement a été contraint de démentir publiquement son décès. La nouveauté réside cette fois dans l’identité de celui qui comble le vide : son fils, Franck Biya, est de plus en plus pressant comme successeur potentiel, faisant des allers-retours entre Monaco, Paris et Genève, tandis que la question de la succession, longtemps chuchotée, commence à être abordée au grand jour. Cette opacité a alimenté une véritable industrie de spéculations. Les blogueurs camerounais publient désormais presque quotidiennement des prédictions sur la mort du président, un rituel macabre qui en dit moins sur l’état de santé réel de Biya, que personne en dehors d’une clinique genevoise ne peut vérifier, que sur un État qui a fait de sa santé un secret et laissé ses citoyens dans l’expectative. Le silence du régime n’est pas neutre. C’est la raison pour laquelle les rumeurs ne cessent jamais. Quarante-quatre ans, et un pays qui n’a connu personne d’autre Biya est président depuis novembre 1982 – quarante-quatre ans. Il est le chef d’État en exercice le plus âgé au monde, le deuxième président africain ayant exercé le plus long mandat après Teodoro Obiang de Guinée équatoriale, et le dirigeant non royal actuellement en fonction le plus longtemps au monde. Il est né en 1933, avant la Seconde Guerre mondiale, avant le premier pas sur la Lune, avant l’existence d’Internet. Il a survécu à des monarques héréditaires : le roi Mswati III d’Eswatini a régné environ 40 ans, le roi Mohammed VI du Maroc environ 27 ans. Pour la plupart des Camerounais, il est le seul président qu’ils aient jamais connu. Le pays est remarquablement jeune – une large majorité de la population a moins de 25 ans – ce qui signifie que Biya a gouverné pendant plus du double de l’âge médian du citoyen. Une personne née l’année de son accession au pouvoir a aujourd’hui 44 ans, l’âge d’avoir des petits-enfants, dans un pays où un seul homme a occupé la présidence durant toute sa vie. C’est une classe dirigeante qui vieillit avec lui : les critiques notent que les nominations de Biya favorisent sa propre génération, une cohorte en déclin dans une nation dont l’avenir appartient en grande majorité aux personnes nées bien après 1982.
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