SONARA : le Market Sounding révèle des ajustements majeurs avant le PPP
Cent soixante-sept participants, deux jours de travaux à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, et un verdict que le rapport de synthèse formule avec prudence : le projet de réhabilitation de la SONARA est « pertinent dans son principe », mais il nécessite des ajustements significatifs avant tout lancement d...
237onlinePar Laurent Dibymercredi 1 juillet 2026 à 05:07

Cent soixante-sept participants, deux jours de travaux à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, et un verdict que le rapport de synthèse formule avec prudence : le projet de réhabilitation de la SONARA est « pertinent dans son principe », mais il nécessite des ajustements significatifs avant tout lancement d’appel à manifestation d’intérêt. Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a clôturé les travaux le 30 juin 2026 en réaffirmant l’engagement de l’État. Le marché, lui, a posé ses conditions. Ce que les investisseurs ont vraiment dit Le rapport de la Commission multisectorielle d’accompagnement ne cache pas les réserves exprimées. Premier point critique : la capacité de raffinage prévue, fixée à 3,5 millions de tonnes métriques par an, est jugée insuffisante par les traders pétroliers présents. Les standards internationaux situent le seuil de rentabilité à partir de 5 millions de tonnes. En clair, dans sa configuration actuelle, le projet ne serait pas viable économiquement, du moins pas pour les prêteurs. Les investisseurs ont dit que ça ne sera pas rentable à cette taille, et on applaudit quand même. Deuxième réserve majeure : le délai de six mois prévu pour le bouclage financier après signature du contrat est jugé irréaliste. Les participants ont estimé ce délai entre douze et vingt-quatre mois, avec dix-huit mois comme hypothèse la plus probable dès lors que des institutions financières de développement sont impliquées. Sans période de grâce pendant la phase de construction, les intérêts intercalaires sur trente-six mois représenteraient un montant considérable, non précisé dans le rapport mais qualifié de « difficilement compatible » avec les exigences du projet. Sur le plan technique, les opérateurs EPC ont recommandé une expertise indépendante avant tout engagement définitif, estimant que la majorité des équipements directement affectés par le sinistre de 2019 devrait être remplacée, non réutilisée. L’option d’un scénario greenfield reste sur la table. Quatre chantiers avant le lancement de l’AMI Le rapport identifie quatre points d’attention prioritaires. Le renforcement du dispositif juridique de garanties, notamment l’ancrage de la « Ligne 30 » et la couverture du risque de change, dont une partie importante des recettes sera libellée en francs CFA. L’ajustement du calendrier de bouclage financier. La clarification du schéma institutionnel de la société de projet, avec une recommandation que l’État entre au capital en position minoritaire. Et la révision du séquencement de la structuration financière, qui devrait, selon les pratiques internationales, intervenir après l’allocation des risques, pas avant. Pourtant, rien dans le discours de clôture du ministre Motaze ne laisse entrevoir un recalibrage du calendrier global. L’appel à manifestation d’intérêt reste la prochaine étape annoncée, « dans les prochaines semaines ». Difficile de ne pas y voir un écart entre le tempo politique et la réalité opérationnelle du dossier. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
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