Sosucam au cœur de la guerre Castel : le Cameroun pris en otage
La cession de la Société sucrière du Cameroun, la Sosucam, a mis le feu à une guerre de communiqués. D’un côté, Romy Castel, fille unique du fondateur Pierre Castel, qui dénonce une opération découverte « par voie de presse ». De l’autre, la direction du groupe qui répond que cette même Romy a ét...
237onlinePar Laurent Dibyjeudi 25 juin 2026 à 06:48

La cession de la Société sucrière du Cameroun, la Sosucam, a mis le feu à une guerre de communiqués. D’un côté, Romy Castel, fille unique du fondateur Pierre Castel, qui dénonce une opération découverte « par voie de presse ». De l’autre, la direction du groupe qui répond que cette même Romy a été convoquée à cinq conseils d’administration sur le sujet entre novembre 2025 et juin 2026. Quelqu’un ment, c’est le moins qu’on puisse dire. Une cession qui déclenche une passe d’armes publique Depuis fin 2025, le groupe Castel, roi de la bière en Afrique francophone avec 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, traverse une crise de gouvernance ouverte. Romy Castel, soutenue par le neveu du patriarche Alain Castel, a lancé début 2026 une procédure judiciaire à Singapour pour obtenir la révocation de Gregory Clerc, directeur général nommé par son propre père en octobre 2023. Une décision de la justice singapourienne est attendue fin juillet. C’est dans ce calendrier tendu que la cession de Sosucam par la filiale agro-industrielle Somdia a été annoncée. Le 22 juin, Romy Castel a publié un communiqué dénonçant l’opération avec des mots choisis : « Brader un actif stratégique au lieu de le redresser n’est pas une stratégie, c’est un renoncement », a-t-elle écrit, visant directement Gregory Clerc. Le même 22 juin, deux réponses ont été diffusées. DF Holding, l’entité luxembourgeoise qui pilote les activités africaines du groupe, a qualifié les déclarations de Romy de « sensationnalistes » et « approximatives ». Somdia, dirigée depuis 2022 par Olivier Parent, a ajouté qu’elle se réserve « le droit d’engager toute action utile afin de préserver ses intérêts ». Le Cameroun, terrain d’un conflit qui le dépasse Pourtant, derrière les communiqués, il y a une réalité industrielle camerounaise concrète. Sosucam est l’un des piliers du secteur sucrier national. Sa cession, dans ce climat de guerre interne, pose une vraie question sur la continuité de ses activités et le maintien des emplois. Romy Castel a promis, si elle obtenait la révocation de Clerc, de présenter aux autorités camerounaises « un plan d’investissement, d’expansion et de maintien de l’emploi pour Sosucam, en mobilisant la solidité financière de Boissons du Cameroun ». Une promesse faite depuis Paris, avant même que Singapour ne tranche. C’est un virage que les autorités camerounaises suivent sans doute de très près, sans pouvoir vraiment peser sur l’issue. Le problème, c’est que chaque échange public entre les deux camps ralentit mécaniquement le processus de cession et brouille les signaux envoyés aux repreneurs potentiels. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 25 juin