Succession de Paul Biya : Grégoire Owona contre-attaque après la pétition d’Achille Mbembe et ses alliés
La contre-offensive du pouvoir n’a pas tardé. Quelques heures après la médiatisation de la tribune portée notamment par Achille Mbembe, Akere Muna, Jean-Pierre Bekolo, Marie-Roger Biloa, Mimi Mefo et plusieurs autres personnalités, Grégoire Owona est sorti du silence. Dans une publication diffusé...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZvendredi 9 octobre 2026 à 14:461 vues

La contre-offensive du pouvoir n’a pas tardé. Quelques heures après la médiatisation de la tribune portée notamment par Achille Mbembe, Akere Muna, Jean-Pierre Bekolo, Marie-Roger Biloa, Mimi Mefo et plusieurs autres personnalités, Grégoire Owona est sorti du silence. Dans une publication diffusée ce 9 octobre sur Facebook, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale répond point par point à l’appel en faveur d’une transition constitutionnelle. Dès le titre de son texte, le ton est donné : « La Constitution ou rien ! » Au cœur de sa démonstration, le ministre conteste la notion de « vacance de fait » avancée par les signataires de la pétition. Selon lui, cette catégorie n’existe tout simplement pas dans le droit camerounais. Il rappelle que la Loi fondamentale ne prévoit que trois hypothèses pouvant entraîner la vacance de la présidence : le décès, la démission ou l’empêchement définitif régulièrement constaté par le Conseil constitutionnel. Pour Grégoire Owona, les absences du chef de l’État, son âge ou les appréciations portées sur son activité politique ne peuvent produire d’effets juridiques. Comme il l’écrit, « la Constitution ne connaît pas la vacance de fait », ajoutant que « l’absence physique n’est pas la vacance juridique » et qu’« une tribune ne peut se substituer aux institutions » pour constater un éventuel empêchement du président de la République. Le ministre s’attarde également sur une expression devenue récurrente dans les débats autour de l’après-Biya : celle de « dauphin ». À ses yeux, ce terme relève d’une logique monarchique incompatible avec les institutions camerounaises. « La République n’a pas de dauphin », affirme-t-il, rappelant que Paul Biya lui-même s’est toujours opposé à cette terminologie. Pour appuyer son raisonnement, Grégoire Owona revient sur le 6 novembre 1982, date à laquelle Paul Biya est devenu président de la République après la démission d’Ahmadou Ahidjo. Il souligne que cette accession au pouvoir s’est opérée conformément aux mécanismes constitutionnels en vigueur et non à travers une transmission personnelle ou familiale. Le ministre évoque également la révision constitutionnelle du 14 avril 2026, qui a introduit la possibilité pour le chef de l’État de se faire assister par un vice-président. Selon lui, cette innovation institutionnelle ne crée pas un successeur désigné, mais vise uniquement à assurer la continuité de l’État dans les cas prévus par la Constitution. « Une Constitution n’organise pas la succession d’un homme : elle organise la continuité d’une fonction », écrit-il. Quelques jours plus tôt, onze personnalités camerounaises avaient publié une tribune dans le quotidien français Libération comme l’a relayé. Ces derniers estiment que les longues absences du chef de l’État, son âge et ce qu’elles qualifient de déconnexion avec l’exécutif justifiaient l’ouverture d’une transition constitutionnelle. Une initiative immédiatement saluée par une partie de l’opposition et de la société civile, mais dénoncée par les soutiens du pouvoir comme une remise en cause des institutions issues de la Constitution et du scrutin présidentiel de 2025.
Mis à jour 9 oct.