Tarif zéro en Chine : ce que les exportateurs camerounais doivent faire
Le Cameroun fait partie des 53 pays africains concernés par la suppression totale des droits de douane chinois, en vigueur depuis le 1er mai 2026. Mardi dernier, le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a reçu l’ambassadeur de Chine Xu Yong à Yaoundé. Au cœur des échanges : comment le...
237onlinePar Laurent Dibyvendredi 19 juin 2026 à 11:15

Le Cameroun fait partie des 53 pays africains concernés par la suppression totale des droits de douane chinois, en vigueur depuis le 1er mai 2026. Mardi dernier, le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana a reçu l’ambassadeur de Chine Xu Yong à Yaoundé. Au cœur des échanges : comment les opérateurs économiques camerounais peuvent concrètement accéder à ce dispositif. S’enregistrer : la première étape obligatoire C’est simple. Pour bénéficier du tarif zéro, les opérateurs économiques doivent se faire enregistrer. Deux portes d’entrée : la porte 206 du ministère du Commerce, ou le service économique de l’ambassade de Chine au Cameroun, joignable à l’adresse chinaemb_cm@mfa.gov.cn. Le Mincommerce avait déjà lancé un appel via communiqué le 12 juin dernier, invitant les opérateurs intéressés à se mobiliser. Les filières ciblées par ce dispositif sont précises : cacao, café, bois transformé, coton, fruits, épices, huiles végétales, cornes de bœuf séchées et produits artisanaux. Une fois enregistrés, les exportateurs pourront accéder au mécanisme dit des « corridors verts », conçu pour faciliter l’acheminement des marchandises vers le marché chinois. Ce n’est pas la première ouverture. Fin 2025 déjà, les deux pays avaient signé à Yaoundé un accord-cadre destiné à renforcer les échanges commerciaux bilatéraux, avec comme ambition affichée d’améliorer la productivité et la compétitivité des produits locaux pour les insérer dans les chaînes de valeur mondiales. Un partenaire dominant, une opportunité réelle Depuis plus de 20 ans, la Chine est le premier partenaire commercial et principal fournisseur du Cameroun. Les chiffres donnent le vertige : en 2024, l’Empire du Milieu a dominé les importations camerounaises avec environ 535 milliards de francs CFA, en machines, téléphones et riz, et s’est classé deuxième client du pays pour les exportations, surtout le pétrole et le bois. Les échanges totaux entre les deux pays ont dépassé 1 600 milliards de francs CFA cette année-là, dont 1 100 milliards d’importations camerounaises, selon l’Institut national de la Statistique. La balance commerciale reste donc largement déficitaire pour le Cameroun. Et c’est précisément là que le tarif zéro peut changer quelque chose, si les petits agriculteurs et leurs regroupements parviennent à franchir les obstacles logistiques et administratifs qui freinent encore les exportations locales vers l’Asie. Mais s’enregistrer ne suffit pas. Produire aux normes chinoises, emballer, certifier, expédier : la chaîne est longue, et on ne sait pas encore combien d’opérateurs camerounais seront réellement en mesure de l’activer dans les prochains mois. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Mis à jour 19 juin