TaxiGo aux ADC : les chauffeurs dénoncent un « esclavagisme organisé »
TaxiGo, la nouvelle plateforme lancée par Alo Technologies avec le soutien des Aéroports Du Cameroun, provoque la colère des chauffeurs de taxi. Pour continuer à travailler dans l’emprise aéroportuaire, chaque chauffeur devra verser 800 000 FCFA de caution. Franchement, quand on gratte un peu, le...
237onlinePar Laurent Dibyvendredi 14 août 2026 à 18:101 vues

TaxiGo, la nouvelle plateforme lancée par Alo Technologies avec le soutien des Aéroports Du Cameroun, provoque la colère des chauffeurs de taxi. Pour continuer à travailler dans l’emprise aéroportuaire, chaque chauffeur devra verser 800 000 FCFA de caution. Franchement, quand on gratte un peu, le montage financier derrière ce projet donne le vertige. Les syndicats parlent sans détour d’un « nouveau visage de l’esclavagisme ». Une caution qui fait exploser les comptes Le principe est simple sur le papier. Deux chauffeurs se partagent un véhicule TaxiGo, une berline chinoise neuve, et versent chacun leur caution pour intégrer le dispositif. Sauf que la facture grimpe vite. 1,6 million FCFA de caution pour une seule voiture, plus le prix du véhicule lui-même, fixé à 23,5 millions FCFA alors qu’Alo Technologies l’achète à 10,2 millions. Sur quatre ans, un chauffeur devra donc débourser environ 25,1 millions FCFA pour espérer devenir propriétaire. Le chiffre fait mal, surtout pour des hommes qui remboursent déjà des crédits bancaires sur leurs propres véhicules. Joseph Noel Biyoa, vice-président du Synctrapuircam, ne décolère pas. « Nous avons l’impression que des gens veulent à tout prix que ce pays brûle », lâche-t-il, entouré d’autres responsables syndicaux rencontrés le 12 août 2026. Sur chaque course facturée 10 000 FCFA, les deux chauffeurs ne toucheront que 2 500 FCFA à eux deux, une fois déduits les frais bancaires, l’entretien, la commission d’Alo Technologies et la part reversée aux ADC. Des chauffeurs installés depuis des décennies Samuel Moyo conduit à l’aéroport de Yaoundé depuis 1982. Il n’est pas contre les ADC en tant que tels, mais contre ce projet précis qui menace de le déposséder de son gagne-pain. « Comment Taxigo peut nous trouver sur le terrain que nous occupons depuis 20 ans, et nous demande de céder notre place », s’interroge-t-il. Ces chauffeurs respectent pourtant toutes les exigences fixées par les ADC au fil des années, licence L5, véhicules aux normes, macarons renouvelés jusqu’à 100 000 FCFA annuels. Et puis soudain, tout bascule en milieu d’année. Les ADC refusent de renouveler les macarons et poussent les chauffeurs vers TaxiGo. Le Synctrapuircam a multiplié les correspondances vers la DGSN, le ministère du Travail et celui des Transports, sans réponse. Difficile de ne pas y voir une manœuvre pour écarter des transporteurs plus âgés au profit d’un partenariat plus lucratif pour les ADC. Le syndicat estime que ce projet, en plus de fragiliser des familles entières, va aussi faire grimper le prix des courses pour les usagers, jusqu’à 20 000 FCFA la nuit. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 14 août