TAXIGO : les limites du projet d’ALO Technologies à Nsimalen
Un véhicule facturé 23,5 millions de FCFA sur quatre ans, alors qu’il vaut 10,2 millions TTC à l’achat : le chiffre fait mal. C’est l’un des griefs que les syndicats de taxis adressent à TAXIGO, le projet d’Aéroports du Cameroun (ADC SA) mené avec ALO Technologies à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen...
237onlinePar Laurent Dibyjeudi 8 octobre 2026 à 23:02

Un véhicule facturé 23,5 millions de FCFA sur quatre ans, alors qu’il vaut 10,2 millions TTC à l’achat : le chiffre fait mal. C’est l’un des griefs que les syndicats de taxis adressent à TAXIGO, le projet d’Aéroports du Cameroun (ADC SA) mené avec ALO Technologies à l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen. Avant même son lancement, la plateforme cumule les points faibles. Un modèle économique qui ne passe pas Le premier problème tient à l’équation financière imposée aux chauffeurs. Selon les syndicats, chacun doit verser une caution de 800.000 FCFA pour s’enregistrer, puis reverser 18.450 FCFA par jour. Si ce montant n’est pas payé, il est puisé dans la caution. Côté revenus, la plateforme prévoit 2.500 FCFA par course, à partager entre deux chauffeurs. Même avec les cinq voyages quotidiens exigés par ADC, chacun toucherait 6.250 FCFA. Or, à Nsimalen, selon Joseph Noël Biyoa, secrétaire général adjoint de la CSTC, on fait « 3 voyages maximum ». Avec trois courses, le revenu tombe à 3.750 FCFA par chauffeur, avant même le reversement quotidien de 18.450 FCFA. On ne sait pas encore comment ALO Technologies justifie ce calcul. Rien ne confirme à ce stade que la plateforme ait publié une simulation de revenus. Autre point : le véhicule chinois imposé, présenté sans validation du ministère des Transports. Si ce détail est exact, ça pose question sur le cadre réglementaire. Des tarifs et une concertation en question Pour l’usager, la facture grimpe. Les courses passeraient de 10.000 FCFA en zone centre et 15.000 FCFA en périphérie, jour et nuit, à 18.000 FCFA le jour et 20.500 FCFA la nuit. S’ajoutent 1.000 FCFA prélevés par la plateforme à chaque voyage, soit environ 1,8 million de FCFA par an et par chauffeur, d’après les syndicats. Dans un pays où le SMIC reste inférieur à 60.000 FCFA par mois, un trajet à 20.500 FCFA n’est pas anodin. Et Yango, déjà présent, offre une alternative que TAXIGO devra concurrencer. Mais la limite la plus visible est ailleurs : la méthode. Les syndicats affirment avoir envoyé des courriers au directeur général d’ADC, demandé des audiences, saisi l’administration. Portes closes, disent-ils. Un projet censé moderniser un service public qui se heurte à une grève annoncée dès le 12 octobre : difficile de ne pas y voir un échec de concertation. Autre trou dans le dispositif : les chauffeurs de plus de 40 ans, dont la protection sociale n’est pas abordée, selon les syndicats. Quant au transport clandestin, que les taximen disent vouloir dénoncer, TAXIGO ne l’efface pas. ADC et ALO Technologies n’ont, à ce jour, pas répondu publiquement à ces griefs. Le dossier se joue désormais sur la capacité d’ADC à ouvrir la discussion avant le 12 octobre. Sans réponse chiffrée d’ALO Technologies, TAXIGO restera accusé d’un modèle déséquilibré. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 9 oct.