TAXIGO : les taximen de Nsimalen menacent d’une grève le 12 octobre
Cinquante ans sans un seul jour d’arrêt, et voilà que les taximen des aéroports de Yaoundé-Nsimalen et de Douala menacent de garer leurs véhicules. Réunis le 7 octobre à Yaoundé, les syndicats ont annoncé une grève générale dès le 12 octobre. En cause : TAXIGO, le projet porté par Aéroports du Ca...
237onlinePar Laurent Dibyjeudi 8 octobre 2026 à 22:45

Cinquante ans sans un seul jour d’arrêt, et voilà que les taximen des aéroports de Yaoundé-Nsimalen et de Douala menacent de garer leurs véhicules. Réunis le 7 octobre à Yaoundé, les syndicats ont annoncé une grève générale dès le 12 octobre. En cause : TAXIGO, le projet porté par Aéroports du Cameroun (ADC SA) avec ALO Technologies, qui, selon eux, leur a confisqué leur métier. Les griefs des syndicats contre ALO Technologies Les organisations de taxis, regroupées dans la Dynamique Unitaire des Syndicats des Transporteurs Routiers, listent leurs reproches. D’abord, une caution de 800.000 FCFA exigée par chauffeur pour s’enregistrer. Ensuite, un véhicule chinois facturé 23,5 millions sur quatre ans, alors qu’il vaut 10,2 millions TTC à l’achat, selon eux, et sans validation du ministère des Transports. Le modèle économique pose le plus de problèmes. Chaque chauffeur devrait reverser 18.450 FCFA par jour, prélevés sur la caution en cas de défaut. En face, 2.500 FCFA par course, à partager entre deux chauffeurs. Même avec les cinq voyages quotidiens exigés par ADC, cela ferait 6.250 FCFA chacun. Et les cinq voyages ? « À Nsimalen, on fait 3 voyages maximum, pas 5. Ils iront faire les 5 voyages dans l’espace ? », lance Joseph Noël Biyoa, secrétaire général adjoint de la CSTC. Franchement, le calcul ne tient pas, du moins tel que les syndicats le présentent. Pourquoi l’usager paierait plus cher Les chauffeurs ont payé pendant un demi-siècle un macaron à 130.000 FCFA par an, et investi entre 7 et 15 millions à crédit dans des véhicules modernes. Sans jamais, disent-ils, une plainte d’usager. Pour le client, la facture grimpe. Les tarifs actuels seraient de 10.000 FCFA en zone centre et 15.000 FCFA en périphérie, jour et nuit. Avec TAXIGO : 18.000 FCFA le jour et 20.500 FCFA la nuit. S’y ajoutent 1.000 FCFA prélevés par la plateforme à chaque voyage, soit environ 1,8 million par an et par chauffeur. Un autre syndicaliste résume : « Avec un SMIC à moins de 60.000 F et les Yango déjà présents, c’est tuer l’activité. » C’est le signal d’une réforme mal préparée, si les chiffres se confirment. Les syndicats disent avoir tout tenté : courriers au directeur général d’ADC, demandes d’audience, recours à l’administration. Portes closes. Kengue Donfack Simon, Charles Essomba Onana, Beauclair Ngakan et Biyoa Joseph annoncent saisir les compagnies aériennes et interpeller le gouvernement sur le transport clandestin et la protection sociale des chauffeurs de plus de 40 ans. Leur exigence : un sursis immédiat du projet et une vraie table de négociation. Si ADC maintient sa réforme, aucun taxi aéroport ne roulera le 12 octobre, préviennent les syndicats. ADC et ALO Technologies n’ont pas encore réagi, et leur version reste à connaître. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 8 oct.