Tchad : deux attaques de Boko Haram, le gouvernement décrète trois jours de deuil national
Un assaut du groupe djihadiste dans le bassin du lac Tchad a fait au moins deux morts au sein de l’armée tchadienne, mercredi 6 mai, après une première offensive lundi.
Le Monde Afriquejeudi 7 mai 2026 à 06:59

Après une nouvelle attaque des djihadistes de Boko Haram ayant fait au moins deux morts dans l’armée, mercredi 6 mai, dans le bassin du lac Tchad, le gouvernement tchadien a décrété trois jours de deuil national. Lundi 4 mai dans la soirée, une première attaque sur la base militaire de Barka Tolorom avait fait au moins 24 morts dans les rangs de l’armée, ainsi que plusieurs blessés, selon une source militaire. Mercredi après-midi, des embarcations des forces de sécurité et de défense patrouillant dans la zone insulaire du lac sont « tombées dans une embuscade de Boko Haram », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) un officier de l’état-major, précisant qu’au moins deux généraux avaient été tués. Le deuil national a été décrété « du mercredi 6 mai à minuit au samedi 9 mai à minuit » en mémoire « des martyrs tombés sur le champ d’honneur lors des attaques des groupes terroristes survenues les 4 et 6 mai 2026 dans la province du lac », précise un communiqué du secrétariat général du gouvernement. Durant cette période, les drapeaux sont mis en berne et toutes les activités à caractère festif sont interdites. « Nous poursuivrons la lutte avec une détermination renouvelée, jusqu’à l’éradication totale de cette menace », avait assuré le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, sur Facebook, en réaction à l’attaque de lundi soir. Recrudescence des attaques djihadistes Les soldats tchadiens sont fréquemment ciblés par Boko Haram dans la région du lac Tchad, vaste étendue d’eau et de marécages parsemée d’îlots, située entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, qui s’est transformée depuis 2009 en bastion djihadiste, abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de son rival, le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Ces derniers mois ont vu une recrudescence des attaques de JAS, une des factions de Boko Haram, avec des enlèvements et des offensives contre des postes avancés, notamment sur la rive nigérienne du lac et dans les zones insulaires. En octobre 2024, un assaut meurtrier de Boko Haram contre une base militaire du bassin du lac Tchad avait fait une quarantaine de morts dans les rangs tchadiens. En réponse, le président Déby avait lancé l’opération Haskanite pour « anéantir la capacité de nuisance de Boko Haram ». L’armée tchadienne avait achevé sa contre-offensive en février 2025, assurant que le groupe djihadiste n’avait « plus aucun sanctuaire sur le territoire tchadien ». Le Monde avec AFP
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