Tentative de déstabilisation de l’État : les révélations qui ont conduit à l’audition d’Oswald Baboke
Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil à la Présidence de la République, a été interrogé par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (TCS) dans le cadre de deux enquêtes distinctes ordonnées par le président Paul Biya, selon Jeune Afrique. Le magazine rapporte que M. Baboke a été i...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmercredi 1 juillet 2026 à 22:26

Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil à la Présidence de la République, a été interrogé par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (TCS) dans le cadre de deux enquêtes distinctes ordonnées par le président Paul Biya, selon Jeune Afrique. Le magazine rapporte que M. Baboke a été interrogé une première fois le 26 juin et devait être de nouveau entendu les 30 juin et 1ᵉʳ juillet. D’après Jeune Afrique, la première enquête porte sur des irrégularités présumées dans le secteur aurifère camerounais, tandis que la seconde concerne une tentative présumée d’utilisation d’un faux décret présidentiel annonçant la nomination d’un vice-président. Ce faux décret aurait été présenté à la Radio Télévision du Cameroun (CRTV) le 12 juin par un individu non identifié muni d’un document portant le sceau présidentiel. Le document a ensuite été vérifié par le directeur général de la CRTV, Charles Ndongo, en présence du directeur du Cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, qui ont conclu à sa falsification, le document n’ayant pas été signé par le président Biya. Citant des sources proches de l’enquête, Jeune Afrique rapporte que les sceaux officiels apposés sur le document étaient authentiques et que la signature ressemblait à celle du président. Les enquêteurs cherchent à déterminer comment le document a été produit, qui en est responsable et si d’autres personnes étaient impliquées. Selon le rapport, des sources du renseignement affirment que les individus ayant remis le décret sont arrivés sous escorte, comprenant des personnes se faisant passer pour des militaires en civil, avant de repartir après l’échec présumé du complot. Un suspect serait interrogé au Secrétariat d’État à la Défense (SED). D’après Jeune Afrique, une note de renseignement transmise à la présidence qualifie l’incident de tentative de coup d’État. L’enquête aurait été confiée à la Direction de la sécurité présidentielle et serait supervisée par le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh. Les autorités devraient procéder à des analyses médico-légales du document, notamment une analyse d’empreintes digitales, afin d’en établir l’origine. Le magazine rapporte également que les renseignements recueillis au cours de l’enquête corroborent la thèse d’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État. Le journal ajoute qu’un complot similaire avait déjà été déjoué avant un voyage présidentiel prévu, grâce à l’intervention de Samuel Mvondo Ayolo. L’interrogatoire de Baboke s’inscrit également dans le cadre d’une enquête sur des irrégularités présumées dans le secteur aurifère camerounais. Selon les chiffres de l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE), cités par Jeune Afrique, le Cameroun n’a officiellement déclaré que 22 kilogrammes d’or exportés en 2023, alors que près de 15 tonnes d’or, provenant vraisemblablement du Cameroun, ont été enregistrées à Dubaï durant la même période. Le rapport ajoute qu’entre 2021 et 2025, le Cameroun aurait produit 44 tonnes d’or, tandis que les exportations officiellement déclarées s’élevaient à environ 148 kilogrammes. Ces incohérences auraient incité le président Biya à ordonner une enquête sur d’éventuelles exploitations minières illégales, l’attribution des permis d’exploitation et les réseaux d’exportation. Jeune Afrique rapporte que le nom de Baboke, ainsi que ceux de plusieurs de ses associés, dont sa fille Indira Baboke, est fréquemment apparu dans les allégations publiques concernant ce secteur. L’article indique que les enquêteurs l’ont interrogé dans le cadre d’une enquête, bien qu’il ait nié toute implication dans des activités illégales. L’entourage de Baboké a rejeté les accusations de malversations, affirmant qu’il avait été injustement mis en cause. Selon Jeune Afrique, des sources proches de l’enquête ont déclaré que Baboké n’était pas le seul haut responsable susceptible d’être interrogé, ajoutant que d’autres personnalités, y compris des membres de la famille présidentielle, pourraient également être entendues au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. Source : Jeune Afrique — Le titre est de la rédaction de Cameroun Actuel
Mis à jour Il y a 5j