Trafic présumé de carburant à la DGSN : plus de 40 policiers placés en détention provisoire
Plus de quarante fonctionnaires de police, dont une dizaine de femmes, seraient placés en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Tribunal criminel spécial (TCS). Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un système présumé de...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JBM, Lebledparle.comlundi 12 octobre 2026 à 09:30

Plus de quarante fonctionnaires de police, dont une dizaine de femmes, seraient placés en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le Tribunal criminel spécial (TCS). Ils sont soupçonnés d’avoir participé à un système présumé de détournement de carburant destiné aux services de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN). Les investigations se poursuivent afin d’établir l’étendue des faits et les responsabilités de chacun. L’affaire trouve son origine dans une enquête portant sur la gestion des dotations en carburant allouées aux missions opérationnelles et au fonctionnement des services de police. Selon les premiers éléments réunis par les enquêteurs, une cinquantaine de fonctionnaires ont été entendus au cours de la procédure. À ce stade, plus de quarante d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt pour répondre, notamment, de faits présumés de détournement de biens publics, de coaction et de complicité. Les investigations portent sur un mécanisme présumé de prélèvement et de revente frauduleuse des produits pétroliers financés par l’État. Les montants évoqués se chiffreraient en plusieurs milliards de francs CFA. Toutefois, ces estimations devront être confirmées au cours de l’instruction, qui devra établir la réalité des flux financiers, l’identité des éventuels bénéficiaires ainsi que le rôle de chaque personne poursuivie. Le parquet du Tribunal criminel spécial indique que l’enquête reste ouverte. D’autres auditions, interpellations ou extensions de poursuites pourraient intervenir si les investigations mettent en évidence de nouvelles responsabilités ou permettent d’identifier d’autres personnes impliquées dans ce dossier. Cette procédure intervient dans un contexte où la gestion des consommations de carburant de la DGSN faisait déjà l’objet de questionnements administratifs. Des documents budgétaires publiés en 2022 faisaient état de difficultés de réconciliation comptable. Plus récemment, le ministère de l’Eau et de l’Énergie a évalué à 21,06 milliards de FCFA la valeur de 22 765 m³ de produits pétroliers consommés par la DGSN, selon des données rendues publiques le 9 octobre 2026. Ces données constituent un élément de contexte, mais ne permettent pas, à elles seules, d’établir l’existence d’un détournement. L’instruction devra déterminer si les irrégularités constatées relèvent de dysfonctionnements administratifs, de difficultés de gestion ou d’infractions pénales. C’est sur la base des éléments de preuve recueillis au cours de la procédure que les responsabilités pourront être établies.
Mis à jour 12 oct.