Travailleurs étrangers irréguliers : le Minefop relance les contrôles au Cameroun
60 000 étrangers en situation irrégulière recensés en janvier 2025 sur le territoire camerounais. Le chiffre fait mal, et il explique pourquoi le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle remet ses équipes sur le terrain depuis le lundi 23 juin 2026. Une note signée par Mounouna Fo...
237onlinePar Laurent Dibylundi 29 juin 2026 à 07:16

60 000 étrangers en situation irrégulière recensés en janvier 2025 sur le territoire camerounais. Le chiffre fait mal, et il explique pourquoi le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle remet ses équipes sur le terrain depuis le lundi 23 juin 2026. Une note signée par Mounouna Foutsou, ministre par intérim, a lancé officiellement cette nouvelle campagne nationale de contrôle de la main-d’œuvre étrangère. Ce que la loi dit, et ce que le terrain montre L’article 27 alinéa 2 de la loi du 14 août 1992 portant Code du travail est pourtant sans ambiguïté : tout contrat concernant un travailleur étranger doit, avant exécution, être visé par le ministre chargé de l’emploi. La demande de visa incombe à l’employeur. Si ce visa est refusé, le contrat est nul de plein droit. Simple sur le papier. Mais sur les chantiers, dans les entreprises publiques et privées, des travailleurs étrangers exercent sans contrat visé, sans carte de résident, parfois sans aucun document. Mounouna Foutsou l’écrit noir sur blanc dans sa note du 8 juin : « de nombreux travailleurs de nationalité étrangère exercent des activités professionnelles sur le territoire national, en qualité de salarié, en situation irrégulière, sans contrat de travail dûment visé. » En janvier 2025, le Minefop avait déjà dénombré 60 000 étrangers détenteurs de visas d’entrée ou de cartes de séjour, parmi lesquels 16 000 détenteurs de cartes de résidents, dont 12 000 travailleurs de nationalité chinoise. Pourquoi cette campagne arrive maintenant, et pas avant Les recettes mobilisées en 2024 se situent à 14,460 milliards de francs CFA, contre 5 milliards en 2023. Franchement, quand les chiffres triplent en un an, l’État a une bonne raison de maintenir la pression. La loi de finances 2025 prévoit des frais de visa sur les contrats étrangers équivalents à deux mois de salaire brut pour les non-Africains, et un mois avec abattement de 50 % pour les Africains. C’est un signal clair : la régulation de la main-d’œuvre étrangère est aussi devenue une question fiscale. La commission interministérielle déployée sur tout le territoire jusqu’en décembre prochain s’appuie sur la plateforme numérique eWorkPermit, accessible sur www.eworkpermit.cm. Jeanine Ngo’o Eba, directrice de la régulation de la main-d’œuvre au Minefop, confirme que le dispositif couvre toutes les régions chaque mois. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 29 juin