Vice-présidence au Cameroun : Motaze se positionne discrètement
Une messe d’action de grâce près de Sangmelima, une chemise décontractée, des jeunes dans l’assistance. Le ministre des Finances Louis Paul Motaze n’était pas là par hasard. Selon Jeune Afrique, qui révèle les coulisses de cette compétition feutrée, Motaze se pose en alternative sérieuse pour la ...
237onlinePar Christiane Tamoura Engojeudi 25 juin 2026 à 06:52

Une messe d’action de grâce près de Sangmelima, une chemise décontractée, des jeunes dans l’assistance. Le ministre des Finances Louis Paul Motaze n’était pas là par hasard. Selon Jeune Afrique, qui révèle les coulisses de cette compétition feutrée, Motaze se pose en alternative sérieuse pour la vice-présidence du Cameroun, face à deux hypothèses qui peinent à convaincre : Franck Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh. Entre le fils du président et le secrétaire général, un espace à prendre La vice-présidence a été réinstaurée au Cameroun, et depuis, une discrète course s’est engagée entre plusieurs poids lourds du régime. Franck Biya, fils du président, souffrirait d’un déficit d’ancrage dans le Sud, région dont Paul Biya est pourtant originaire. « Il est éloigné du terrain, n’y compte aucune réalisation visible, et il inspire une certaine froideur à une partie de la jeunesse locale », confie une source proche de la présidence à Jeune Afrique. Des élites régionales auraient même fait remonter des avis défavorables au sommet de l’État. La première dame, Chantal Biya, ne serait pas non plus favorable à l’hypothèse de son fils. L’idée d’un intérim confié à une figure du régime, avant un choix plus définitif sur la succession, aurait donc progressé. L’autre rival direct de Motaze, c’est Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, qui dispose d’une délégation permanente de signature du chef de l’État et est décrit comme un « vice-président de facto ». Mais Ngoh Ngoh n’a jamais intégré le comité central du RDPC. Un argument que les soutiens de Motaze agitent volontiers : leur candidat, lui, en est membre, ce qui le rendrait plus acceptable aux yeux des militants et barons du parti. Un réseau tissé du Littoral au Septentrion Il joue sur tous les tableaux, du Sud au Grand Nord, en passant par sa femme originaire du Septentrion. La stratégie est patiente et méthodique. Depuis plusieurs années, Motaze consolide ses relais dans les sphères administratives, économiques et traditionnelles. Dans le Sud, il entretient des liens avec Bonaventure Mvondo Assam, neveu du chef de l’État, et Cathy Meba, fille du frère cadet de Paul Biya. Dans le Nord, il compterait sur Aboubakary Abdoulaye, président du Sénat, et sur le lamido Mohamadou Hayatou à Ngaoundéré. Son compagnonnage passé avec Jean-Pierre Amougou Belinga, aujourd’hui fragilisé par de lourdes procédures judiciaires dans le dossier Martinez Zogo, lui a certes étendu une influence dans certains milieux. Mais ce lien porte quand même un coût d’image difficile à ignorer. Difficile de ne pas y voir une précampagne assumée, même si rien n’est officiel à ce stade. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour 25 juin