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Vincent Sosthène Fouda dénonce la victoire sans dignité des lionnes : « non monsieur Eto’o »

Pour l’universitaire et homme politique, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’est pas à féliciter.   Lire ici sa tribune :   La victoire sans dignité […]

ActuCamerounPar Armand Djaleulundi 17 août 2026 à 08:201 vues
Vincent Sosthène Fouda dénonce la victoire sans dignité des lionnes : « non monsieur Eto’o »
La victoire sans dignité : Non Monsieur Eto’o, non pas vous ! Il y a quatre ans, le 12 juillet 2022, j’écrivais un message qui semblait anodin. Un détail, disait-on. Une remarque de tailleur, presque. Et pourtant, ce détail disait tout : les Lionnes indomptables jouaient avec des shorts pour hommes. La capitaine devait enrouler le sien pour qu’il tienne. Ajara Nchout jouait avec la peur de le perdre. Je disais que cela n’était ni normal, ni digne, ni patriotique. Je proposais une solution simple : si l’équipementier ne peut pas, sollicitons nos créateurs locaux, sollicitons Larissa Mengue, sollicitons celles et ceux qui savent dessiner des vêtements pour femmes. Le Cameroun n’est pas un désert de talents ; il est un désert de volonté politique. Vous m’avez entendu, Monsieur Eto’o. Vous avez offert des équipements adaptés. Et puis… plus rien. Quatre ans plus tard, les Lionnes sont championnes d’Afrique. Elles ont vaincu, dominé, porté haut le drapeau. Mais elles l’ont fait sans la tenue qui va avec. Elles ont dû retourner leurs maillots, bricoler ce que l’État n’a pas su prévoir, improviser ce que la Fédération n’a pas su anticiper. Et l’on voudrait que nous félicitions ? Que nous applaudissions ? Que nous célébrions l’incompétence comme si elle était un destin ? Ce qui s’est passé n’est pas un incident. Ce n’est pas un oubli. Ce n’est pas un détail. C’est une radiographie de l’indignité institutionnelle. Un pays qui laisse ses championnes sans maillot de championne est un pays qui ne respecte pas ses symboles. Un pays qui ne peut pas fournir un short à la bonne taille est un pays qui ne sait pas ce qu’est la dignité. Un pays qui a laissé s’évaporer 45 tonnes d’or en un an n’a pas la légitimité morale pour se féliciter d’un trophée sportif. Samuel Eto’o, ancien footballeur, sait mieux que quiconque ce que représente un équipement. Il sait ce que signifie un short trop grand, un maillot mal ajusté, une tenue qui gêne le mouvement. Il sait ce que cela dit de l’organisation, de la préparation, de la considération. Et pourtant, l’homme qui voyage en jet privé, dont on nous a détaillé l’autonomie comme s’il s’agissait d’un exploit national, n’a pas été capable d’assurer à des championnes ce modeste équipement digne. Ce contraste n’est pas seulement choquant : il est moralement obscène. Mais réduire cette indignité à un individu serait commettre l’erreur que certains dénoncent : s’enfermer dans un cas particulier pour éviter de regarder le système. Car le système, lui, est encore plus accablant. Le gouvernement camerounais n’est pas à féliciter. La Fecafoot n’est pas à féliciter. Personne n’est à féliciter lorsque la victoire se fait dans la nudité institutionnelle. Ce que les Lionnes ont montré, ce n’est pas la grandeur de nos dirigeants. C’est la grandeur de nos femmes, de leur courage, de leur discipline, de leur capacité à transcender l’indignité pour produire la victoire. Comment des hommes de pouvoir capables de laisser filer 45 tonnes d’or ne seraient-ils pas capables d’offrir à la sélection nationale des tenues de championnes qui coûteraient moins que 20 grammes d’or ? La disproportion est si grotesque qu’elle devient un diagnostic. Et oui, paradoxe tragique : dans son extravagance, un homme comme Amougou Belinga aurait peut-être posé un geste patriotique que l’État n’a pas su poser. Ce simple fait devrait suffire à réveiller les consciences. Ce n’est pas de polémique qu’il s’agit. Ce n’est pas de querelle de clochers. Ce n’est pas de logorrhée.
Mis à jour 17 août
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