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Vincent Sosthène Fouda : « La mort de Dora Eboa n’est pas seulement une tragédie individuelle… »

Cette sortie met en lumière la réaction de l’homme politique et intellectuel camerounais Vincent Sosthène Fouda suite au décès tragique de la journaliste Dorothée Temou […]

ActuCamerounPar Armand Djaleumardi 1 septembre 2026 à 21:02
Vincent Sosthène Fouda : « La mort de Dora Eboa n’est pas seulement une tragédie individuelle… »
Dorothée Aurélie Témou Eboa est morte loin des siens, loin de ses amies, de ses amours, de ses collègues. Elle est morte loin de ce qui faisait sa vie, loin de ce qui lui donnait encore la force de tenir. Elle cherchait simplement à vivre, à respirer, à trouver un peu de paix dans un monde qui ne lui en offrait plus. Elle a croisé la mort. Et il est temps, désormais, qu’on la laisse reposer en paix. Si ceux qui l’ont connue l’ont aimée, qu’ils prient pour elle. Qu’ils se souviennent de sa douceur, de sa ténacité, de son courage silencieux. Qu’ils transforment leur peine en vigilance, en solidarité, en protection pour les jeunes femmes de ce pays. Qu’ils refusent que d’autres vies soient brisées dans l’indifférence générale. Dora Eboa était journaliste. Elle appartenait à cette profession qui, selon Albert Londres, consiste à « porter la plume dans la plaie ». Elle savait que le métier n’est pas seulement un travail : c’est une responsabilité, une manière de tenir debout dans un monde qui vacille. Elle savait aussi, comme le disait Kapuściński, que « le vrai journaliste est celui qui ne reste jamais indifférent ». Elle n’a jamais été indifférente. Elle a payé cher cette fidélité à la vérité. Aux autorités, une exigence s’impose : assainir l’espace public, protéger les vulnérables, garantir que la violence ne soit plus une fatalité. La mort de Dora Aurélie n’est pas seulement une tragédie individuelle ; elle est un révélateur de ce que notre société doit impérativement changer. Quant à moi, ma douleur est à la hauteur de mes espoirs lorsque je l’ai retrouvée il y a exactement un an. Ma douleur comme celle de sa maman, de son frère et de ses sœurs ne doit pas devenir une source de haine. Je m’en remets à Césaire, dans Cahier d’un retour au pays natal : « Mais les faisant, mon cœur, préservez‑moi de toute haine ; ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n’ai que haine. » La colère ne ramène pas les morts ; elle ne construit rien. La lucidité, elle, peut encore sauver les vivants.
Mis à jour Il y a 3j
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