Yaoundé : Crescence Baboke fait annuler un titre foncier de Célestin Tawamba, bataille ouverte entre les deux personnalités
Une nouvelle bataille au cœur de l’administration camerounaise qui devrait faire grand bruit. À Mfandena, dans l’arrondissement de Yaoundé V, Célestin Tawamba, ancien président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), et Crescence Baboke, présidente du Gecam et épouse du directeur adjoint...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZjeudi 15 octobre 2026 à 10:10

Une nouvelle bataille au cœur de l’administration camerounaise qui devrait faire grand bruit. À Mfandena, dans l’arrondissement de Yaoundé V, Célestin Tawamba, ancien président du Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), et Crescence Baboke, présidente du Gecam et épouse du directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, se disputent une parcelle de terrain depuis plusieurs années. Le quotidien Mutations, dans sa parution du jeudi 15 octobre 2026, consacre sa Une à cette affaire sous le titre : « Pour un terrain, Tawamba et Baboke se battent ». Le journal évoque un affrontement à rebondissements entre deux figures du monde économique camerounais, dont les ramifications remontent désormais jusqu’aux services du Premier ministre. Au cœur du différend, un terrain de 1 003 m², immatriculé sous le titre foncier n° 1701/Mfoundi au profit de la Société civile immobilière Le Neyang, représentée par Célestin Tawamba. Selon les documents consultés, ce titre a été établi le 12 avril 2016, à la suite d’une opération de morcellement. Mais le 5 avril 2021, le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières prend un arrêté attribuant à Crescence Baboke une concession provisoire de 487 m² au lieu-dit Meyong Ndzengue. Problème : selon la SCI Le Neyang, cette superficie empiète sur une propriété déjà immatriculée à son nom. Une administration, des décisions contradictoires L’affaire connaît un premier verdict en septembre 2021. Saisi en référé, le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou prescrit l’arrêt des travaux entrepris sur le terrain contesté. Célestin Tawamba engage parallèlement des démarches auprès de l’administration foncière et des services du Premier ministre. Ces initiatives aboutissent, le 27 février 2024, à une décision favorable à sa société. Dans son arrêté n° 00562, le ministre des Domaines, Henri Eyebe Ayissi, retire les dispositions de l’arrêté du 5 avril 2021 ayant permis l’attribution provisoire du terrain à Crescence Baboke. Le document est particulièrement explicite. Il relève « l’indisponibilité juridique de la parcelle », celle-ci faisant déjà l’objet du titre foncier n° 1701/Mfoundi établi au profit de Tawamba. L’administration reconnaît ainsi que le terrain litigieux relève de l’assiette foncière du titre de la SCI Le Neyang, lequel conserve alors sa pleine valeur juridique. Fort de cette décision, l’ancien patron du Gicam poursuit son offensive judiciaire. Une assignation en expulsion et en suppression de constructions est engagée contre Crescence Baboke devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi. La société réclame notamment la libération des lieux, la démolition des ouvrages édifiés sur la parcelle et une astreinte de 250 000 FCFA par jour de retard en cas d’inexécution du jugement sollicité. Mais alors que le tribunal doit se prononcer, un nouveau rebondissement survient. Selon une correspondance adressée le 28 septembre 2026 au Premier ministre Joseph Dion Ngute, Célestin Tawamba affirme avoir reçu, quelques jours avant une décision judiciaire attendue le 24 septembre, une copie d’un nouvel arrêté du Mindcaf daté du 3 septembre 2026. Cette fois, l’administration foncière aurait purement et simplement constaté la nullité d’ordre public de son titre foncier. Un spectaculaire retournement administratif qui soulève de nombreuses interrogations. Dans sa lettre au chef du gouvernement, Célestin Twamba s’interroge : « L’Administration peut-elle être sollicitée, puis amenée à modifier successivement sa position, chaque fois que la première décision administrative ne permet pas de parvenir au résultat recherché devant les juridictions ? », écrit-il. L’homme d’affaires dit redouter que l’administration foncière ne soit instrumentalisée au profit d’intérêts privés. Le bras de fer entamé semble ainsi loin d’avoir livré son dénouement.
Mis à jour 15 oct.