Yaoundé : vers une grève silencieuse des taxis ? Quand le QR code et le numéro unique paralysent la circulation
Les rues de Yaoundé offrent un visage inhabituel. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les taxis se font rares, compliquant les déplacements des usagers. Sur le plateau de l’émission Tour d’Horizon diffusée ce 9 octobre sur Vision 4, le journaliste Norbert Olivier Ebodé estime que la ville vi...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZvendredi 9 octobre 2026 à 14:22

Les rues de Yaoundé offrent un visage inhabituel. Dans plusieurs quartiers de la capitale, les taxis se font rares, compliquant les déplacements des usagers. Sur le plateau de l’émission Tour d’Horizon diffusée ce 9 octobre sur Vision 4, le journaliste Norbert Olivier Ebodé estime que la ville vit une forme de « grève des taxis », même si aucun mouvement officiel n’a été annoncé. Selon lui, cette situation est directement liée à l’entrée en vigueur des nouvelles mesures d’identification des taxis. « Les rues sont quasiment désertes depuis quelques jours. On a le sentiment, ce n’est pas officiel, mais on a le sentiment d’une grève des taxis dans la ville de Yaoundé », explique-t-il, avant d’évoquer les réticences d’une partie des conducteurs face à l’obligation d’apposer un numéro unique sur les portières et un QR code permettant l’identification du véhicule. Le journaliste rappelle que les transporteurs disposaient d’une période transitoire de trois mois, de juin au 5 octobre, pour se conformer à cette nouvelle réglementation. Depuis l’expiration de ce délai, les contrôles se sont intensifiés. « Si vous n’avez pas le QR code, si vous n’avez pas le numéro de portière, vous êtes mis en cellule. Donc, on est désormais entré dans la phase répressive », affirme-t-il. Les premiers jours de cette opération ont déjà conduit à la mise en fourrière de plus de 3 000 taxis, selon les chiffres communiqués par les autorités municipales. À Yaoundé, environ 20 000 taxis sont officiellement enregistrés sur un parc estimé à plus de 30 000 véhicules. Outre l’immobilisation immédiate des véhicules en infraction, leurs propriétaires s’exposent à des amendes, aux frais de fourrière et, en cas de non-réclamation dans un délai de trois mois, à une mise aux enchères du véhicule. Lancée par la mairie de Yaoundé, l’opération d’immatriculation numérique vise à renforcer la sécurité dans les transports urbains en permettant une identification rapide de chaque taxi grâce à un QR code. Les autorités présentent cette réforme comme un outil destiné à lutter contre l’insécurité et à mieux encadrer le secteur. Sur le terrain, ses conséquences sont déjà visibles. De nombreux taxis restent stationnés, notamment aux abords de l’Hôtel de Ville de Yaoundé, tandis que les usagers sont confrontés à une offre de transport fortement réduite. Sans revendication officiellement formulée, cette raréfaction des taxis s’apparente néanmoins, pour plusieurs observateurs, à un mouvement de protestation de fait contre une réforme que certains conducteurs tardent encore à accepter.
Mis à jour 9 oct.