Zone Cemac : le Cameroun s’enfonce dans une précarité chronique
Le dernier baromètre économique de la Banque mondiale de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) publié par la Banque mondiale est révélateur. […]
ActuCamerounPar Armand Djaleudimanche 11 octobre 2026 à 10:14
Les projections de l’extrême pauvreté indiquent que le nombre d’habitants disposant de moins de 3 dollars (environ 1 800 FCFA) par jour pourrait atteindre jusqu’à 9 millions d’ici 2028 si les tendances macroéconomiques ne sont pas inversées. La pauvreté urbaine a doublé en l’espace de sept ans, touchant plus de 3,1 millions de citadins qui s’entassent dans les quartiers insalubres des grandes métropoles économiques. Budget national Interrogé sur cette détérioration, Daniel Banen, économiste de la santé et du développement, souligne chez nos confrère de datacameroon que « vivre sous ce seuil critique ne signifie pas seulement manquer d’argent, cela implique de sacrifier les soins de santé de base, d’amputer la scolarité des enfants et de subir une précarité hydrique permanente ». Trois facteurs majeurs expliquent pourquoi le système camerounais « touche le fond » selon les analyses régionales. D’abord l’étranglement de la dette. En effet, l’explosion du service de la dette publique réduit à peau de chagrin les marges budgétaires de l’État. En 2026, les dépenses de protection sociale ne représenteront plus que 17,9 % du budget national, privant les populations de filets de sécurité essentiels. Décentralisation Ensuite, l’effondrement du marché de l’emploi. La part de la population active disposant d’un emploi formel et stable s’est effondrée, passant de 80,3 % en 2007 à seulement 60,2 %. L’économie s’est « informalisée » à outrance, dominée par les petits métiers de subsistance. Enfin, l’abandon des zones rurales. Deux tiers des personnes pauvres du pays restent concentrés dans trois régions périphériques : l’Extrême-Nord, le Nord et le Nord-Ouest. Victimes d’une centralisation excessive autour de l’axe Douala-Yaoundé et de chocs sécuritaires à répétition, ces zones souffrent d’un enclavement logistique majeur qui fait grimper le prix des denrées de base.
Mis à jour 11 oct.